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Former pour transformer : pourquoi l’éducation inclusive est le chaînon manquant de la formation professionnelle au Cameroun ? ​

Quand la formation des formateurs devient le véritable levier de transformation des parcours professionnels.

Par Jeannette Njiki Bikoi

Spécialiste en Conception et Élaboration des Curricula

Un paradoxe au cœur de la formation professionnelle camerounaise

Au Cameroun, la formation professionnelle est aujourd’hui présentée comme une réponse stratégique aux défis majeurs du pays : chômage des jeunes, inadéquation formation–emploi et faible compétitivité des économies locales. À cet effet, des réformes importantes ont été engagées, notamment avec la Loi n°2018/010 régissant la formation professionnelle, qui consacre l’approche par compétences et la professionnalisation des parcours.

Pourtant, derrière cette ambition affichée, un problème structurel demeure largement invisibilisé : la formation professionnelle peine à intégrer l’éducation inclusive comme principe pédagogique structurant, en particulier dans la formation des formateurs.

C’est précisément ce décalage entre les objectifs assignés à la formation professionnelle et les capacités réelles des formateurs à accompagner tous les publics qui constitue le cœur du problème analysé dans cet article.

Une diversité d’apprenants… encore mal prise en compte pédagogiquement

Contrairement à l’enseignement général, la formation professionnelle accueille un public particulièrement hétérogène : jeunes déscolarisés, adultes en reconversion, apprenants en situation de handicap, femmes en reprise d’études, migrants internes, personnes faiblement alphabétisées.

Cette diversité n’est pas marginale ; elle est constitutive même de la formation professionnelle. Pourtant, dans de nombreux centres, elle reste perçue comme une difficulté à gérer plutôt que comme une réalité à intégrer dans la conception des dispositifs de formation. lorsque les formateurs ne sont pas préparés à cette diversité, l’inclusion devient un slogan, et non une pratique.

Des politiques ambitieuses, mais une mise en œuvre fragile côté formateurs

Dans cette dynamique, le lancement du Programme National d’Éducation Inclusive (PNEI 2024–2030) marque une volonté politique forte d’assurer l’équité et l’inclusion dans l’ensemble du système éducatif camerounais.

Cependant, lorsqu’on observe les dispositifs existants, un constat s’impose : la formation professionnelle reste marginalement prise en compte, notamment en ce qui concerne :

  • la formation pédagogique et andragogique des formateurs ;
  • l’adaptation des modules de formation aux besoins éducatifs spécifiques ;
  • l’évaluation inclusive des compétences professionnelles.

Les rapports sectoriels du MINEFOP et les diagnostics menés dans plusieurs centres de formation professionnelle montrent que la majorité des formateurs sont avant tout des experts métiers, mais rarement outillés pour gérer l’hétérogénéité des profils d’apprenants (MINEFOP, 2022 ; ADEA, 2021).

Cette réalité interroge directement l’efficacité des politiques publiques : peut-on atteindre les objectifs du PNEI et de l’Agenda 2030 sans transformer en profondeur la manière dont les formateurs sont formés ?

Former des experts métiers ne suffit plus : il faut former des pédagogues inclusifs Dans la formation professionnelle, l’inclusion ne s’improvise pas. Elle repose sur des compétences spécifiques que les formateurs doivent maîtriser, notamment :

  • analyser les profils d’apprenants adultes ;
  • différencier les situations d’apprentissage pratiques ;
  • adapter les supports et les rythmes de formation ;
  • évaluer les compétences sans discriminer ;
  • accompagner des trajectoires d’apprentissage non linéaires.

Or, les référentiels actuels de formation des formateurs professionnels accordent encore une place marginale à ces dimensions, contrairement aux recommandations de l’UNESCO-UNEVOC, de l’OIF/IFEF et de l’ADEA.

Repenser la formation des formateurs : cinq leviers pour passer à l’action

Face à ce constat, la question n’est plus faut-il agir ? mais comment agir efficacement ? Les analyses de terrain menées dans des centres de formation professionnelle au Cameroun et dans d’autres pays africains font émerger cinq leviers structurants.

  • Diagnostiquer les profils et besoins des apprenants

Former les formateurs à identifier les obstacles à l’apprentissage (handicap, illettrisme fonctionnel, contraintes sociales, genre), en lien direct avec les réalités des métiers.

  • Déployer des pédagogies actives et contextualisées

Passer d’une transmission magistrale à des situations professionnelles d’apprentissage, favorisant la coopération, la pratique et l’entraide.

  • Rendre l’évaluation réellement inclusive

Concevoir des méthodes d’évaluation centrées sur les compétences mobilisées dans le métier, et non sur des prérequis académiques implicites.

  •  Structurer la formation continue des formateurs

Mettre en place des dispositifs réguliers de renforcement des capacités pédagogiques et andragogiques, compatibles avec les contraintes des centres de formation professionnelle.

  • Encourager l’apprentissage entre pairs et le mentorat

Valoriser les savoirs issus du terrain, créer des communautés de pratique et structurer des mécanismes de mentorat professionnel.

Conclusion : l’inclusion comme condition de performance de la formation professionnelle

L’éducation inclusive n’est pas un luxe pédagogique réservé à l’enseignement général. Dans le contexte camerounais, elle constitue une condition de performance, d’équité et de durabilité de la formation professionnelle. Former les formateurs professionnels à l’inclusion, c’est transformer les parcours de formation, sécuriser les trajectoires d’insertion et répondre de manière crédible aux défis socioéconomiques du pays.

Références

  • Loi n°2018/010 régissant la formation professionnelle au Cameroun
  • MINEFOP (2022). Stratégie nationale de développement de la formation professionnelle
  • UNESCO-UNEVOC (2020). Inclusion in TVET Systems
  • ADEA (2021). Transforming TVET for Africa’s Youth
  • OIF / IFEF (2022). Renforcement des compétences des formateurs en Afrique
  • UNESCO (2017). Guide pour assurer l’inclusion et l’équité dans l’éducation
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Acteurs locaux, piliers de l’éducation inclusive et équitable.

L’éducation inclusive et équitable n’est pas seulement une ambition institutionnelle ; c’est un engagement collectif qui se construit au plus près des communautés. En Afrique francophone, les associations locales jouent un rôle déterminant dans la mise en œuvre concrète de cette vision portée par les grandes organisations internationales telles que l’UNESCO, l’UNICEF, l’OIF, la CONFEMEN et l’IFEF.

Agir au plus près des réalités locales

Les défis de l’inclusion scolaire sont multiples : pauvreté, éloignement géographique, discriminations liées au genre ou au handicap, ou encore crises humanitaires. Face à ces obstacles, les associations locales — ancrées dans les réalités socioculturelles — déploient des solutions adaptées : sensibilisation des familles, appui scolaire, plaidoyer communautaire ou encore accompagnement des enfants à besoins éducatifs particuliers.
Grâce à leur proximité, elles contribuent à réduire les barrières invisibles qui empêchent encore trop d’enfants d’accéder à une éducation de qualité.

Des partenaires essentiels des politiques éducatives

Alignées sur les cadres internationaux, ces initiatives locales complètent les politiques nationales d’éducation inclusive. Elles participent souvent à des programmes conjoints avec les ministères de l’Éducation et les partenaires techniques tels que l’OIF ou l’UNESCO.
Dans plusieurs pays francophones — du Sénégal au Cameroun, en passant par le Burkina Faso et Madagascar —, les associations locales forment désormais un maillon stratégique de la chaîne éducative, contribuant à la réalisation de l’Objectif de Développement Durable 4 (ODD 4) : « Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. »

Construire des synergies durables

Pour transformer durablement les systèmes éducatifs, il est essentiel de renforcer la coopération entre acteurs locaux et partenaires internationaux. Les organisations communautaires, fortes de leur ancrage social, peuvent nourrir les politiques publiques de leur expérience de terrain, tandis que les institutions multilatérales apportent ressources, expertise et cadres d’action cohérents.
C’est à cette convergence des énergies locales et globales que se construit une école véritablement inclusive et équitable.

📚 Références et sources

  • UNESCO (2020). Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2020 : Inclusion et éducation – Tous sans exception.
  • UNICEF (2021). Éducation inclusive : promouvoir l’équité et l’accès pour tous les enfants.
  • Organisation internationale de la Francophonie (OIF) – Institut de la Francophonie pour l’Éducation et la Formation (IFEF) (2022). Cadre francophone pour une éducation inclusive et équitable.
  • CONFEMEN (2023). PASEC2023 – Évaluer pour améliorer la qualité et l’équité de l’éducation en Afrique francophone.
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De l’action locale à l’impact global : les innovations citoyennes qui transforment l’éducation inclusive.

L’inclusion éducative : une priorité mondiale et locale

L’éducation inclusive et équitable est au cœur de l’Objectif de Développement Durable 4 (ODD 4) des Nations Unies : « Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. »
En Afrique francophone, cette vision se concrétise progressivement grâce à la mobilisation conjointe des États, des partenaires internationaux (UNESCO, UNICEF, OIF, CONFEMEN, IFEF) et surtout, des acteurs locaux : associations, collectifs de parents, enseignants engagés et jeunes volontaires.

Les associations locales : catalyseurs d’innovation et d’équité

Les associations ancrées dans les communautés sont souvent les premières à identifier les obstacles à la scolarisation : manque d’infrastructures, discriminations liées au genre, difficultés d’accès pour les enfants en situation de handicap ou issus de zones rurales. Grâce à leur proximité avec les populations, elles conçoivent des initiatives innovantes et adaptées.

Par exemple :

  • Au Sénégal, des associations communautaires soutiennent la mise en place de classes passerelles pour réintégrer les enfants déscolarisés, en partenariat avec l’UNICEF et le ministère de l’Éducation.
  • Au Cameroun, des organisations locales développent des programmes d’appui aux enseignants pour la prise en compte des enfants à besoins éducatifs particuliers, en s’appuyant sur les référentiels de formation inclusive de l’IFEF.
  • Au Burkina Faso ou au Niger, des collectifs citoyens mettent en œuvre des bibliothèques mobiles et des outils numériques éducatifs pour atteindre les zones isolées.
  • Ces initiatives ne se contentent pas de combler des manques : elles réinventent les modèles éducatifs pour les rendre plus justes, participatifs et durables.

L’impact des innovations citoyennes

Les innovations citoyennes en éducation ont un effet d’entraînement bien au-delà de leur zone d’action. En documentant leurs réussites et en partageant leurs expériences, les associations locales contribuent à enrichir les politiques publiques nationales et les stratégies des partenaires internationaux.
C’est notamment ce que promeuvent :

  • L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et son Institut de la Francophonie pour l’Éducation et la Formation (IFEF), qui accompagnent les acteurs de terrain dans la co-construction de politiques inclusives ;
  • La CONFEMEN, à travers le PASEC, qui valorise les pratiques réussies pour améliorer la qualité et l’équité de l’éducation dans l’espace francophone ;
  • L’UNESCO, qui encourage les approches communautaires dans la mise en œuvre du Cadre d’action Éducation 2030.
  • Ainsi, les initiatives locales — souvent modestes à l’origine — deviennent des leviers de transformation systémique, en inspirant d’autres organisations, en influençant les politiques publiques et en contribuant aux engagements mondiaux.

Le rôle des associations présentes dans plusieurs pays

Les associations, présentes dans plusieurs pays d’Afrique francophone, œuvrent à renforcer cette dynamique en favorisant :

  • le partage d’expériences régionales entre acteurs éducatifs locaux ;
  • la formation des enseignants et bénévoles à l’éducation inclusive ;
  • le plaidoyer commun auprès des décideurs pour des politiques plus équitables et sensibles aux réalités locales.

La mission de la COPPEDIE s’inscrit dans la continuité des orientations de l’UNESCO et de l’OIF : faire de l’école un lieu d’inclusion, de justice sociale et de transformation. Parce que chaque enfant, où qu’il vive, a le droit d’apprendre, de réussir et de rêver.

📚 Sources et références

  1. UNESCO (2020). Rapport mondial de suivi sur l’éducation : Inclusion et éducation – Tous sans exception.
  2. UNICEF (2021). Éducation inclusive en Afrique : vers une équité réelle.
  3. Organisation internationale de la Francophonie (OIF) & IFEF (2022). Cadre francophone pour une éducation inclusive et équitable.
  4. CONFEMEN (2023). PASEC2023 – Évaluer pour améliorer la qualité et l’équité de l’éducation en Afrique francophone.
  5. Nations Unies (2015). Objectifs de Développement Durable – ODD 4 : Éducation de qualité.

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Former des enseignants pour une éducation inclusive : un levier essentiel pour la qualité

Une éducation inclusive, pilier du développement durable

L’éducation inclusive et équitable est au cœur de la construction d’un avenir durable en Afrique francophone. Elle s’inscrit pleinement dans l’Objectif de Développement Durable 4 (ODD 4) qui vise à « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. »

Mais au-delà des politiques nationales et des engagements internationaux, la véritable transformation se joue au quotidien, dans les salles de classe, entre les mains de celles et ceux qui enseignent.
C’est pourquoi la formation des enseignants constitue un levier central pour bâtir une école réellement inclusive.

L’enseignant, acteur clé de l’inclusion

Dans de nombreux contextes éducatifs d’Afrique francophone, les enseignants doivent répondre à une diversité croissante d’élèves : différences linguistiques, handicaps, inégalités d’accès aux ressources ou écarts de niveau.
Pourtant, beaucoup n’ont pas bénéficié d’une formation spécifique pour accueillir cette diversité.

Selon l’UNESCO (Rapport mondial de suivi sur l’éducation, 2020), l’un des obstacles majeurs à l’inclusion reste le manque de préparation des enseignants. Former ces acteurs de terrain à des pédagogies différenciées, inclusives et participatives est donc essentiel pour que chaque élève trouve sa place dans la classe.

L’IFEF (Institut de la Francophonie pour l’Éducation et la Formation) et l’OIF insistent d’ailleurs sur la nécessité de renforcer les compétences professionnelles des enseignants dans cette perspective : comprendre la diversité, adapter les contenus, coopérer avec les familles et valoriser chaque apprenant.

En tant que Communauté de Pratiques pour la Promotion de l’Éducation Inclusive et Équitable (COPPEDIE), nous croyons que la formation ne se limite pas à un stage ou à un module.
Elle se construit dans la durée, par le partage d’expériences, la réflexion collective et la co-construction de solutions adaptées aux réalités locales.

COPPEDIE : apprendre ensemble pour mieux inclure

Nos activités – ateliers d’échanges, cercles d’apprentissage, formations collaboratives et webinaires – permettent aux enseignants, formateurs et acteurs éducatifs de mutualiser leurs pratiques et de renforcer leurs compétences pour une éducation de qualité pour tous.

Grâce à cette dynamique collective, la COPPEDIE agit comme un laboratoire d’innovation pédagogique à l’échelle francophone, en accompagnant les éducateurs à relever les défis de l’inclusion scolaire, que ce soit en milieu urbain ou rural.

Former pour transformer

Former des enseignants à l’inclusion, c’est bien plus que transmettre des savoirs : c’est changer de regard sur l’apprentissage.
Un enseignant inclusif :

  • valorise les différences comme des ressources d’apprentissage ;
  • adopte des pédagogies actives et collaboratives ;
  • met en œuvre une évaluation positive qui reconnaît le progrès de chacun ;
  • s’ouvre à la collaboration avec les familles, les associations et les collectivités locales.

En favorisant ces approches, la COPPEDIE contribue à construire des écosystèmes éducatifs solidaires et durables, où chaque enfant, sans distinction, peut apprendre et s’épanouir.

Construire des ponts entre le local et le global

La COPPEDIE s’inscrit dans la continuité des initiatives portées par les grands partenaires de l’éducation — UNESCO, UNICEF, OIF, CONFEMEN et IFEF — tout en mettant en avant la voix des acteurs locaux.
Nos actions, menées à travers plusieurs pays d’Afrique francophone, visent à créer des synergies entre les politiques nationales et les pratiques pédagogiques de terrain, afin de rendre les systèmes éducatifs plus justes et résilients.

Parce qu’en formant un enseignant à l’inclusion, c’est toute une génération d’apprenants que nous aidons à réussir.

📚 Sources et références

  1. UNESCO (2020). Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2020 : Inclusion et éducation – Tous sans exception.
  2. UNICEF (2021). Éducation inclusive : promouvoir l’équité et l’accès pour tous les enfants.
  3. Organisation internationale de la Francophonie (OIF) & IFEF (2022). Guide francophone sur la formation des enseignants à l’inclusion éducative.
  4. CONFEMEN (2023). PASEC2023 – Compétences et équité dans les systèmes éducatifs africains.
  5. Nations Unies (2015). Objectif de Développement Durable 4 : Éducation de qualité.
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Pédagogies actives et apprentissages équitables

Pédagogies actives et apprentissages équitables : quand l’innovation transforme la salle de classe

L’école africaine face au défi de l’équité et de la qualité

Dans de nombreux pays d’Afrique francophone, les systèmes éducatifs poursuivent un double objectif : garantir l’accès à l’éducation pour tous et assurer une qualité d’apprentissage équitable.
Pourtant, malgré des progrès notables, les inégalités persistent : différences de genre, disparités régionales, exclusions liées au handicap ou à la pauvreté.

L’enjeu n’est plus seulement de scolariser, mais de faire apprendre efficacement chaque enfant.
C’est dans cette perspective que les pédagogies actives s’imposent comme un puissant levier d’inclusion et de transformation.

Qu’est-ce qu’une pédagogie active ?

 

Les pédagogies actives reposent sur une idée simple mais révolutionnaire : l’élève n’est pas un récepteur passif, mais un acteur de son apprentissage.
Elles encouragent la participation, la coopération et la résolution de problèmes réels.
Parmi les approches les plus répandues figurent :

  • l’apprentissage par projet,
  • les classes collaboratives,
  • les cercles de parole,
  • les jeux éducatifs,
  • ou encore les usages pédagogiques du numérique.

Ces méthodes valorisent la curiosité, la créativité et l’esprit critique, tout en permettant aux enseignants de mieux prendre en compte les différences entre élèves — une clé essentielle pour l’inclusion.

Pédagogies actives et équité : une synergie porteuse

Adopter des pédagogies actives, c’est aussi promouvoir l’équité.
Elles favorisent un climat de classe où chaque enfant peut s’exprimer, progresser à son rythme et apprendre en fonction de ses capacités.
Elles renforcent la confiance en soi des élèves souvent marginalisés — filles, enfants en situation de handicap, élèves issus de milieux défavorisés — en leur donnant un rôle actif dans le processus d’apprentissage.

L’UNESCO et l’UNICEF recommandent d’ailleurs de mettre la pédagogie inclusive au cœur de la formation des enseignants, afin que chaque apprenant trouve sa place dans la salle de classe.
Ces approches sont également soutenues par l’OIF, à travers l’IFEF (Institut de la Francophonie pour l’Éducation et la Formation), qui accompagne les pays francophones dans la mise en œuvre de pratiques pédagogiques innovantes et équitables.

Le rôle de la COPPEDIE : partager, expérimenter, innover

 

En tant que Communauté de Pratiques pour la Promotion d’une Éducation Inclusive et Équitable (COPPEDIE), nous croyons que le changement éducatif ne peut se décréter d’en haut — il doit se construire ensemble, à partir des expériences du terrain.

Nos membres – enseignants, formateurs, chercheurs et associations – expérimentent chaque jour de nouvelles approches pédagogiques adaptées aux réalités locales :

  • classes coopératives dans les écoles rurales,
  • ateliers d’expression orale pour renforcer la confiance des élèves,
  • projets communautaires favorisant l’apprentissage par l’action,
  • outils numériques pour soutenir la différenciation pédagogique.

Ces initiatives locales démontrent qu’une innovation bien ancrée dans le contexte africain peut transformer durablement la manière d’apprendre et d’enseigner.

L’innovation au service de l’inclusion

Les innovations pédagogiques ne sont pas qu’une question de technologie : elles sont avant tout une question de posture.
Former les enseignants à observer, écouter, encourager et coopérer avec les élèves, c’est déjà innover.
La COPPEDIE soutient cette vision à travers :

  • des ateliers de partage de pratiques,
  • des sessions de formation sur les pédagogies inclusives,
  • et des espaces de dialogue entre pairs pour co-construire des outils pédagogiques adaptés.

En valorisant les réussites locales et en favorisant l’échange d’expériences entre pays, notre communauté contribue à bâtir un réseau francophone d’enseignants innovants, capables de réinventer la salle de classe africaine.

Vers une école équitable et innovante

L’éducation inclusive et équitable ne se limite pas à l’accès : elle concerne aussi la qualité de l’expérience d’apprentissage.
Les pédagogies actives offrent à chaque élève la possibilité de s’impliquer, de s’exprimer et de réussir, tout en redonnant aux enseignants le plaisir d’enseigner autrement.

À travers ses activités, la COPPEDIE continue de promouvoir cette vision : une école africaine où l’innovation pédagogique devient un outil d’équité, d’inclusion et d’espoir.

📖 Sources et références

  1. UNESCO (2020). Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2020 : Inclusion et éducation – Tous sans exception.
  2. UNICEF (2021). Pédagogies inclusives et apprentissages équitables : pratiques prometteuses en Afrique.
  3. Organisation internationale de la Francophonie (OIF) & IFEF (2022). Cadre francophone pour une éducation inclusive et innovante.
  4. CONFEMEN (2023). PASEC2023 – Qualité et équité de l’éducation en Afrique francophone.
  5. Nations Unies (2015). Objectif de Développement Durable 4 : Éducation de qualité.
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